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L'épargne responsable

Posted on March 10, 2021 at 12:38 PM Comments comments (131)
En France, les produits d’épargne responsable pèsent 461 milliards d’euros et sont tout près du cap des 1 000 fonds.À l’occasion de la sortie de l’édition annuelle de MARKET DATA - Fonds durables France, Novethic dévoile les chiffres clés 2020 et analyse les tendances de ce marché dynamique où le durable se décline sous toutes ses formes.

Avec une collecte annuelle de 100 milliards d’euros et une croissance de +66% des encours sous gestion, le marché des fonds durables ouverts aux épargnants français ne connaît pas la crise.     À l’occasion de la sortie de l’édition annuelle de MARKET DATA - Fonds durables France, Novethic dévoile les chiffres clés 2020 et analyse les tendances de ce marché dynamique où le durable se décline sous toutes ses formes.
L’offre de fonds labellisée a le vent en poupe

En plein essor, le marché français de l’investissement responsable compte 245 fonds supplémentaires et atteint 461 milliards d’euros au 31 décembre 2020 (+66% par rapport à l’année précédente). 

Le fait marquant est l’explosion de la part de marché du label ISR. 

Deux facteurs expliquent le développement du label ISR en 2020 : l’entrée en vigueur de l’obligation créée par la loi PACTE qui oblige tous les distributeurs d’assurance vie, à proposer au moins un fonds labellisé (ISR, GreenFin ou Finansol), et le mouvement de labellisation de gammes, initié en 2018 par la Banque Postale Asset Management (LBPAM).

Les gestionnaires d’actifs misent en masse sur la labellisation pour conquérir les épargnants
Si le label Greenfin, dont la cible sont les fonds environnementaux, tire son épingle du jeu avec +45% de fonds supplémentaires et +140% en volume d’encours sur l’année, le label ISR se taille la part du lion. 

Les fonds labellisés ISR représentent plus de la moitié des fonds durables distribués aux épargnants français et deux tiers des encours.

En 2020, le label ISR a évolué. Il a durci ses exigences en matière de reporting et de transparence et intégré une nouvelle déclinaison immobilière. 13 premiers fonds ont été labellisés ISR immobilier en 2020, apportant une nouvelle dimension orientée sur l’amélioration des performances environnementales et sociales des actifs immobiliers détenus en portefeuille.

Dans cette bousculade au portillon de la labellisation se pose inévitablement la question de la visibilité et de la lisibilité de la finance durable pour les épargnants français, alors que cela va devenir un thème d’entretien avec leurs conseillers financiers dans les mois qui viennent.

Cible privilégiée : les placements à valeur ajoutée climatique
La thématique environnementale reste une tendance porteuse pour la finance durable et constitue toujours la moitié de l’offre de fonds thématiques (236 fonds à fin 2020 pour 120 Mds €) mais la dynamique est forte sur la prise en compte de critères climatiques.

Première conséquence : l’exclusion des énergies fossiles devient plus fréquente dans les portefeuilles durables et l’exclusion du charbon a tendance à se généraliser. 
Elle est appliquée par 60% des fonds durables recensés par Novethic en 2020, même si elle n’est pas requise pour obtenir le label ISR.
Seconde conséquence : la dynamique des fonds bas carbone s’amplifie en lien avec la multiplication des engagements des acteurs financiers à atteindre la neutralité carbone.
Fin 2020, une cinquantaine de fonds ont axé leur marketing sur une approche « bas carbone » mais leur ambition climatique varie. Certains sélectionnent des actifs qui veulent réduire leurs émissions, d’autres font le lien avec la limitation à 2 degrés du réchauffement climatique prévue par l’Accord de Paris de 2015.2020 est l’année du lancement des deux indices spécialisés promus par le plan d’action finance durable de l’Union Européenne
Le plus exigeant est dit « aligné sur l’Accord de Paris » (Paris Aligned Benchmark_PAB), 
l’autre est axé sur la transition vers une économie bas carbone (Climate Transition Benchmark_CTB).  
Tous deux commencent à servir de support à des fonds indiciels.

2021, année de la régulation pour les fonds durables
L’agenda réglementaire commence en mars, date butoir pour la mise en conformité de 
la documentation juridique des fonds durables français avec les recommandations de l’AMF. 
C’est aussi la date d’entrée en vigueur de la réglementation européenne sur le reporting. 
le reporting des fonds durables qui devront publier des informations sur leurs performances environnementales et sociales ainsi que sur l’impact financier de risques ESG comme le changement climatique. Cela devrait aboutir à une floraison d’indicateurs d’impact aux méthodologies variées qui feront toute la richesse du marché en 2021. 

L’objectif in fine est de faciliter le dialogue avec l’épargnant final en lui proposant des indicateurs de mesure de performance ESG, clairs et concrets.

Next Finance , le 4 mars 2021

une rétraction de la consommation des énergies fossiles en 2020

Posted on June 17, 2020 at 5:09 AM Comments comments (193)
Sans surprise, la crise du Coronavirus va avoir pour effet une rétraction de la consommation des énergies fossiles en 2020, selon les prévisions de l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

 Le charbon, le pétrole et le gaz devraient reculer respectivement de 8 %, 9 % et 4 % cette année. 

Cette tendance pourrait perdurer à plus long terme et peut-être permettre d’engager un véritable virage vers un monde décarboné. D’autant plus que les énergies renouvelables se développent à des coûts de plus en plus compétitifs.

Dans un rapport publié le 10 juin, l’AIE prévoit que la pandémie aura par exemple un impact sur le marché du gaz jusqu’en 2025 au moins, car les capacités de production seront supérieures à la demande, faisant plonger les prix et les investissements. Ces derniers pourraient chuter de près d’un tiers dans le pétrole et le gaz et ceux liés à l’industrie du schiste, déjà sous pression, de moitié.

La croissance du gaz ne devrait ainsi augmenter que de 1,5 % par an en moyenne d'ici à 2025 tandis que la production de pétrole devrait baisser de 9 millions de barils par jour au même horizon.

La part du charbon continue quant à elle de se réduire dans le mix électrique mondial, même s'il reste encore majoritaire (40 %). L'Inde a pour la première fois enregistré une baisse du charbon de 3,5 % en 2019, tandis que celle-ci atteignait 12 % aux États-Unis ou encore 20 % en Allemagne. 

Le Royaume-Uni vient également d'enregistrer un record en se passant pendant deux mois d'électricité provenant de centrales à charbon, une première depuis la Révolution industrielle.     

Le pays s'est fixé pour objectif de ne plus avoir recours au charbon pour produire de l'électricité d'ici 2025. Le Covid-19 est une occasion à saisir.

Le recul de la demande et les risques croissants pour les investisseurs pourraient dès lors amputer des deux tiers la valeur des énergies fossiles et les profits de ce secteur, selon un rapport de Carbon Tracker Initiative, qui évalue les pertes à 25 000 milliards de dollars.

 "La concurrence d'énergies non carbonées aux coûts de plus en plus compétitifs, et les politiques des États en matière climatique et de souveraineté énergétique sont en train de pousser l'industrie du pétrole, du gaz et du charbon, vers le déclin final", prévient le think tank.

"Personne ne connaît l'ampleur de la reprise en 2021," explique à l'AFP l'auteur principal de l'étude, Kingsmill Bond.

 Mais le temps de retrouver les niveaux passés, "les technologies renouvelables seront assez développées pour répondre à la croissance de la demande". 

En 2019, l'électricité d'origine renouvelable a représenté 72 % de la croissance du secteur électrique, selon l'Agence internationale de l'énergie renouvelable (Irena). 

Or, quand une technologie concurrente absorbe la croissance et dépasse 5 % du marché, la technologie plus ancienne entame son déclin, comme l'histoire industrielle l'a montré, argumente Carbon Tracker.

La récente baisse du dividende chez Shell, la dépréciation de plus 4,8 milliards d’euros chez Repsol en début d'année ou de 17,5 milliards chez BP ainsi que la suppression de 10 000 emplois au sein de la major britannique sont autant de signaux en ce sens. 

L’OCDE et l’AIE appellent ainsi les États à profiter des actions de relance post Covid-19 pour éliminer le soutien aux énergies fossiles. Et le PNUE (Programme des Nations Unies pour l'environnement) prévient : "si on rate cette chance, il pourrait devenir encore plus difficile de trouver les financements pour décarboner le système énergétique dans une économie mondiale post Covid-19 caractérisée par des dettes publiques élevées et des finances sous contrainte dans le secteur privé."

La contribution des entreprises et des investisseurs aux objectifs de développement durable (ODD)

Posted on May 15, 2020 at 4:38 AM Comments comments (96)

Les acteurs économiques et financiers sont explicitement appelés à contribuer aux objectifs de développement durable (ODD) pour participer à un développement économique soucieux de respecter les populations et la planète. 
Voici les raisons qui les motivent à participer à l’effort commun et la façon dont ils y contribuent aujourd’hui.

Sommaire
  1. Coût et opportunités des odd
  2. Pourquoi s'engager ?
  3. Les stratégies de terrain
  4. Le risque de l'ODD washing

  Par leur puissance économique, les entreprises, actionnaires et investisseurs ont le pouvoir de contribuer positivement à la réalisation des ODD, ou au contraire de faire obstacle à leur atteinte. Entreprises et investisseurs peuvent contribuer positivement aux ODD en développant des modèles d’affaires qui répondent directement à un ou plusieurs de ces objectifs tout en essayant de limiter leurs impacts négatifs par exemple sur le climat, la santé ou encore l’emploi.

1. Coût et opportunités des odd
Un coût chiffré à plusieurs milliers de milliards de dollars chaque année Selon les données de la CNUCED (Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement), le coût des ODD est estimé entre 5 000 et 7 000 milliards de dollars par an. 
Une partie importante est dédiée aux infrastructures résilientes au changement climatique. Le financement des ODD semble assuré pour les pays en développement. 
Mais l’écart de financement est important dans les pays en développement, qui comptent pour près d’un tiers des dépenses. 
Selon le Fonds monétaire international (FMI), il leur manque 2 600 milliards de dollars par an, particulièrement dans les domaines de la santé, de l'éducation, des infrastructures routières et énergétiques, de l'eau et de l'assainissement. 
Pour les pays en développement à faibles revenus, cela signifie des dépenses annuelles supplémentaires pouvant atteindre 15 % de leur produit intérieur brut. 
La solidarité financière est attendue entre pays développés et en développement et est actée dans l’ODD 17 sur les partenariats. 
Cependant, l’aide publique au développement a connu un inquiétant recul en 2018, la plupart des pays ne tenant pas leur engagement d’y consacrer 0,7 % de leur PIB. D’où l’importance de développer le financement privé.    
12 000 milliards de dollars d’opportunités Les ODD pourraient générer des opportunités commerciales de l’ordre de 12 000 milliards de dollars par an selon l’étude "Better Business, better world" publié en 2017 par la Business and Sustainable Commission (BSC). 
Quatre grands secteurs d’activité, essentiels à la réalisation des ODD et représentant 60 % de l’économie réelle, sont particulièrement concernés : l’alimentation et l’agriculture ; la construction et l’urbanisme ; l’énergie et les matériaux ainsi que la santé et le bien-être. 
Les opportunités sont importantes car il s’agit d’inventer et de développer des modèles d’affaires alternatifs à l’économie dite linéaire (produire, consommer, jeter) comme l’économie circulaire, l’économie de la fonctionnalité, l’économie collaborative ou le biomimétisme. 
Plus concrètement, l’étude cite les smart cities, les micro-fermes urbaines, les services individualisés de santé, les nouvelles formes d’énergie et de stockage, ou encore les matériaux innovants. 
Ces différents secteurs pourraient fournir 380 millions d’emplois, en très grande majorité dans les pays en développement et notamment dans la construction de logements abordables.

2. Pourquoi s'engager ?
Un nouveau rôle des entreprises dans la société Les entreprises sont de plus en plus appelées par leurs parties prenantes à montrer comment elles contribuent à la résolution des grands défis mondiaux. Les ODD permettent aux entreprises de voir si leur stratégie est alignée avec ces attentes et ces grands enjeux. 
Les ODD peuvent aussi être une grille d’analyse pour détecter les opportunités de marchés ou, dans le cas d’un investisseur, d’identifier les entreprises qui seront le plus à même de les saisir. 
 
Au-delà de la RSE Pour contribuer aux ODD, il ne s’agit plus de seulement réduire ses impacts négatifs, comme c’est encore trop souvent le cas dans une démarche de responsabilité sociétale, mais de voir comment son modèle d’affaires contribue positivement à la durabilité de la planète. 
Et ce, dans le cadre d’objectifs définis par des acteurs multiples et internationaux si possible, validés par la science. 
Dans le cas de l’action climatique, c’est l’idée de l’initiative Science Based Targets qui permet de voir si les objectifs de l’entreprise sont en ligne avec ce qui est demandé par l’Accord de Paris. 

3. Les stratégies de terrain
Pour les entreprises, un outil de communication plus qu’un outil de transformation des modèles d’affaires Il existe une forte prise de conscience, au niveau mondial, de l’intérêt des ODD pour les acteurs économiques.
72 % des entreprises interrogées par le cabinet Pwc au niveau mondial (730 entreprises dans 21 pays) ont intégré les ODD dans leur communication publique en 2018.
Cependant, si la référence aux ODD est devenue un passage obligé pour les grandes entreprises internationales en termes de communication, leur intégration dans la stratégie est loin d’être acquise. C’est aussi le cas des entreprises françaises, selon une étude Novethic/B&L évolution

Pour les entreprises du CAC40 et du SBF120, les ODD permettent globalement d’accompagner la stratégie RSE mais sans bouleverser les modèles d’affaires, notamment avec la création de produits et services dédiés.    
Si les ODD doivent bien être pris en compte dans leur globalité, les entreprises les plus avancées sur ce sujet définissent cependant des objectifs prioritaires sur lesquels elles peuvent contribuer de manière significative. 
Parmi les principaux ODD cités : la lutte contre le changement climatique, le travail décent et la croissance économique ainsi que la production et consommation responsable. Des ODD qui correspondent aux objectifs stratégiques des entreprises ou sur lesquels elles ont un important levier d’action. Le problème reste celui de la mesure de cette contribution. 
Les indicateurs utilisés restent souvent spécifiques à l’entreprise et sont donc peu comparables. 

Les entreprises ont également tendance à réutiliser ceux de la mesure extra-financière (ex : déclaration de performance extra-financières) qui restent pourtant insuffisants dans le cadre d’une mesure d’impact plus à même de mesurer la contribution aux ODD. 
Enfin, il est intéressant de voir que 71 % des entreprises françaises déclarent reporter sur les ODD pour se conformer aux attentes des investisseurs (en direct ou via des agences de notation).   
Pour les investisseurs, un outil d’analyse plus qu’un guide d’investissement,
selon une étude Novethic réalisée auprès des investisseurs institutionnels européens signataires des PRI (228 institutions), près de la moitié d’entre eux communiquent sur les ODD, soit près de 90 % en termes d’encours. Parmi les pays les plus allants, on trouve les pays nordiques (Suède, Danemark…) et les Pays-Bas. Mais la France n’est pas en reste. 
Pour les plus gros investisseurs institutionnels français, difficile également de faire l’impasse sur les ODD. Les 35 % des 100 plus gros investisseurs institutionnels français sensibilisés aux objectifs représentent 80 % des encours. Cela est notamment lié à leurs obligations en matière de reporting ESG (environnement, social et gouvernement) définis par la loi de Transition énergétique. Comme pour les entreprises, les investisseurs définissent des ODD prioritaires sur lesquels agir. Ils sont peu ou prou similaires, c’est-à-dire orientés sur la question climatique (ODD 13 et 7) et la croissance économique (ODD8).    
Les ODD restent plus un guide d’évaluation des investissements existants en portefeuilles qu’un outil de décision d’investissement mais on note une volonté affichée d’y parvenir. On recense encore peu d’investissements dédiés ODD et ceux-ci restent très attachés à finance verte (green bonds, actifs forestiers, infrastructures vertes) ou liés au logement décent. Quelques social bonds sont mentionnés, essentiellement par les acteurs publics (agence de développement notamment).

Mais plusieurs experts s’accordent sur le développement de sustainability ou SDG bonds (obligations ODD). Là encore, la mesure d’impact semble être un frein à l’intégration des ODD.   Quel dialogue entre entreprises et investisseurs sur les ODD ? À ce stade, il reste une impression de rendez-vous manqué entre investisseurs et entreprises sur la question des ODD (voir notre étude ici). Alors que ce référentiel est porteur d’un langage commun, il reste peu vecteur de dialogue et semble freiné par la complexité de son intégration opérationnelle et la difficulté de sa mesure.   

4. Le risque de l'ODD washing
Si les grands acteurs économiques et financiers ont rapidement adopté les ODD dans leur communication, ils reportent essentiellement sur leur contribution positive en omettant l’impact négatif que leurs activités peuvent avoir sur les différents ODD.
Il existe donc un réel risque d’ODD washing. 
Si l’on prend l’exemple d’un fabricant de tabac, a priori celui est considéré, de part son activité, comme un acteur faisant obstruction aux ODD, notamment à celui sur la santé (ODD3) ou de la protection des océans (ODD 14) et à l’eau potable (ODD6) car les mégots sont source de pollution de l’eau. Pourtant, certaines entreprises du secteur n’hésitent pas à affirmer qu’elles contribuent positivement à l’ensemble des ODD, particulièrement à celui sur la santé en mettant sur le marché des cigarettes électroniques qu’elles jugent moins nocives ou à celui sur l’eau car elles réduisent la consommation nécessaire à la fabrication des cigarettes... 
Si un tel fabricant peut être considéré comme un meilleur de la classe ("best in class") dans son secteur par une approche dite ESG (basée sur une analyse des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance), les agences de notation extra-financières utilisant les ODD dans leur grille d’analyse les classent bien comme "obstructeurs significatifs". 
Autre exemple, plus complexe, celui des voitures électriques, un constructeur automobile peut avoir un impact positif sur l’ODD 13 concernant la lutte contre le changement climatique mais peut faire obstacle à l’ODD 16 sur la paix et à l’ODD 8 sur le travail décent car le cobalt nécessaire à la construction des batteries provient de RDC, zone à risque en matière de minerais alimentant les conflits. 

Les fonds durables confirment leur résilience en période de crise

Posted on April 21, 2020 at 5:57 AM Comments comments (1328)


Sur le premier trimestre de l’année, les fonds durables de la base Novethic confirment leur surperformance par rapport aux fonds actions classiques. 

Ils font montre d’une plus forte résilience pendant la phase de panique des marchés, notamment dans la zone euro. Les fonds durables auront moins pâti que le reste du marché de la crise liée à la pandémie de Covid-19 sur le premier trimestre. 

L’équipe de recherche de Novethic a étudié la performance des 397 fonds durables en actions de sa base pour la comparer aux grands indices de référence, comme elle l'avait déjà fait au début de la crise du coronavirus. Elle semble montrer une plus grande résilience de ces fonds aux fluctuations des marchés financiers.

Sur l’ensemble du premier trimestre, les fonds durables ont surperformé par rapport au marché de +0,7 %.

 "En moyenne, depuis le début de l’année, les fonds durables surperforment par rapport aux indices "classiques" associés, sauf aux États-Unis où les fonds durables ont néanmoins mieux résisté à la baisse des marchés", remarque Lorène Moretti, analyste produits financiers durables chez Novethic. 

C’est en effet en décomposant cet écart de performance, entre la période de panique sur les marchés financiers jusqu’au 18 mars et la petite remontée qu’ils ont connu ensuite, que les résultats sont encore plus frappants. 
Pendant la phase baissière, jusqu’au 18 mars 2020, les fonds durables de la base Novethic ont surperformé les fonds classiques de +1,4 % sur cette période. Puis, lorsque les marchés sont repartis à la hausse, les fonds classiques ont repris un très léger avantage, l’écart étant passé à -0,7 %. 

Avec toutefois quelques disparités entre les régions :
Des disparités régionales pendant la période de baisse des marchés, la surperformance des fonds durables aux États-Unis par rapport à l’indice S&P 500 n’est ainsi que de 0,5 %, sachant que la chute des marchés n’a pas été aussi violente qu’en Europe. 

Selon Morningstar, les fonds ESG américains ont d’ailleurs enregistré des records de collecte sur le premier trimestre, avec 10,5 milliards de dollars, même si les flux ont fléchi sur le mois de mars tout en restant positifs.

En Europe, l’écart n’est également que de +0,6 % par rapport à l’indice MSCI Europe. La surperformance est en revanche bien plus forte au niveau de la zone euro où l’écart de performance atteint +3,1 % en faveur des fonds durables, par rapport à l’Eurostoxx. 

Les fonds durables commercialisés en France enregistrent également un écart important de +1,3 % par rapport au Cac 40.

Lorsque les marchés financiers ont commencé à se reprendre à partir du 19 mars, l’écart de performance a plutôt tourné à l’avantage des fonds classiques.

La zone euro a en toute logique connu la plus forte correction, qui s’est toutefois limitée à un écart de performance de -1,2 % en défaveur des fonds durables (contre une surperformance de +3,1 %). 

Sur l’ensemble de l’Europe, la sous-performance n’est que de -0,1 %, et de -0,5 % aux États-Unis.

Ces tendances devront être suivie sur le reste de l’année, pour vérifier la bonne tenue des fonds durables à la fois en période de crise, mais également en période de reconstruction de l’économie. 

De plus en plus de voix s’élèvent, notamment en Europe, pour que les plans de relance prennent en compte la résilience des entreprises aux crises majeures, qu’elles soient sanitaires, climatiques, sociales, etc. L’orientation des flux financiers vers la finance durable est, dans ce cadre, d’autant plus importante.

Les trois piliers de l'investissement durable

Posted on November 28, 2019 at 5:15 AM Comments comments (3539)
Afin d’identifier les entreprises les mieux placées pour tirer parti des opportunités considérables de la révolution durable, notre approche repose sur trois piliers. 

Elle évalue la durabilité du modèle financier, des pratiques de l’entreprise et du modèle économique d’une entreprise. 

Notre approche intégrant trois piliers de durabilité d’une entreprise :

1. Durabilité du modèle financier :

Le point de départ de tout investissement dans une entreprise est sa viabilité financière, quelle que soit la classe d’actifs envisagée.
Pour les actions, par exemple, nous cherchons à identifier les sociétés capables de générer des rendements économiques excédentaires. Pour ce faire, nous pensons qu’elles doivent pouvoir optimiser le capital, générer de la trésorerie et équilibrer leurs comptes indépendamment des marchés de capitaux.
Pour le crédit, nous évaluons la solvabilité globale des sociétés en analysant leurs données financières afin de pouvoir apprécier la qualité de leur crédit, sur la base des fondamentaux et leur capacité à rembourser et à refinancer leurs dettes. 
Contrairement aux indices traditionnels pondérés par la capitalisation boursière,
notre point de départ est la qualité de la dette et non son volume. 

2. Durabilité des pratiques de l’entreprise :

Nous sommes convaincus que, pour créer de la valeur à long terme, une entreprise doit prendre en compte l’ensemble de son écosystème de partenaires, qui comprend les régulateurs, ses actionnaires, ses salariés, ses clients et ses fournisseurs, l’environnement et 
sa communauté locale.

 En d’autres termes, une entreprise doit se concentrer autant sur 
ses pratiques que sur ses performances financières. 

Nous pensons que ces pratiques contribuent à la performance financière au même titre que les revenus ou les coûts.
Encourager la diversité hommes/femmes, appliquer les meilleures pratiques en matière de constitution du conseil d’administration, mettre en œuvre des politiques robustes en faveur de la santé et de la sécurité des collaborateurs ou encore contribuer à la diminution de l’impact sur l’environnement sont autant d’éléments déterminants des pratiques d’une entreprise.

Nous prenons en compte plusieurs critères de mesure pour évaluer et analyser la durabilité des pratiques d’une entreprise :

Les mesures sur le long terme – l’approche ESG (Environnement, Social et Gouvernance)

Nous analysons 115 points de données différents, identifiables et crédibles, avec nos gérants de fonds, pour déterminer si les compagnies appliquent les meilleures pratiques en termes environnemental, social et de gouvernance, si elles réalisent des adaptations significatives en période de transition et si leurs pratiques d'entreprise sont alignées en vue de l’évolution vraisemblable des réglementations futures.

Nous collectons, vérifions et traitons un grand nombre de données brutes relatives aux pratiques d’une entreprise. Nous recueillons des données non financières aussi précises que possible auprès de nombreuses sources traditionnelles et moins courantes. 
Nos gérants de portefeuilles intègrent ensuite ces données à leur processus d’investissement.

Les données brutes nous permettent également d’effectuer d’autres analyses prospectives et de déterminer si une entreprise se contente de parler, si elle agit ou si elle fait déjà partie des champions en matière de durabilité.

Les mesures à court terme – l’exposition aux controverses

Nous examinons l’exposition des sociétés aux controverses et la gravité de ces problématiques dans le cadre de la gestion des risques des portefeuilles.

Les mesures d’impact

Nous considérons les émissions de carbone et la consommation d’eau pour une entreprise donnée. Cela nous aide à comprendre comment les entreprises essaient d’améliorer leurs pratiques opérationnelles dans une économie confrontée aux défis de réduction des émissions carbone et de la préservation de l’eau. 

3. Durabilité du modèle économique :

Nous observons la durabilité du modèle économique d’une entreprise dans un contexte de transformation à long terme de l’économie mondiale vers un modèle plus durable. 

Comment la compagnie est-elle positionnée pour exploiter les opportunités offertes par ce mouvement ? 

Cette analyse prospective est essentielle pour comprendre si la performance d’une compagnie est durable à long terme. 
Elle prend comme point de départ les tendances générales qui façonneront nos résultats économiques et sociaux sur cette période.

Nous pensons que cinq tendances majeures sous-tendent la révolution 
du développement durable :

✔ Les évolutions démographiques
✔ Le changement climatique
✔ Les ressources naturelles
✔ La révolution numérique
✔ Les inégalités

Pour chacune de ces tendances, nous évaluons les développements futurs probables afin de mieux comprendre quels secteurs seront touchés et comment. 

Cette approche nous permet d’identifier des opportunités que nous pouvons exploiter au travers de thématiques d’investissement.

la révolution durable.

Posted on November 28, 2019 at 5:04 AM Comments comments (2217)
La notion de durabilité est le plus souvent associée au changement climatique, mais elle va bien au-delà de cette problématique par ailleurs très importante. 

Afin de répondre aux enjeux des évolutions démographiques, du vieillissement de la population mondiale, de l’épuisement des ressources naturelles, de la numérisation et des inégalités croissantes, nous devons modifier nos modèles économiques, sociaux et de gouvernance. 

Nous devons dès lors, repenser fondamentalement les normes établies dans les secteurs du transport, de la chaîne alimentaire, de la santé, de l’enseignement, de la gestion des données et des infrastructures.

Aucun pays ou secteur, aucune entreprise ou aucune classe d’actifs ne pourra s’y soustraire.


Depuis un certain temps, notre modèle de société est confronté à des défis mondiaux sur une large échelle :

✔ Modification de notre environnement à cause du changement climatique.

✔ Evolution démographique liée à l’accroissement, au vieillissement et à la mobilité de plus en plus élevée de la population. 

✔ Epuisement des ressources naturelles dû à l’augmentation de la population.

✔ Développement rapide de la numérisation et de l’interconnectivité perturbant les modèles sociétaux, de gouvernance et de consommation traditionnels.

✔ Inégalité croissante, sous toutes ses formes, qui fragilise d’ores et déjà la stabilité géopolitique de l’après Deuxième Guerre mondiale.

Aujourd’hui plus que jamais, nous devons nous adapter pour faire face à ces enjeux.

les produits de la finance utile

Posted on March 22, 2018 at 7:21 AM Comments comments (2918)
Les Français plébiscitent les produits de la finance utile


Alliant performance financière et impact positif, le secteur de la finance responsable séduit de plus en plus d’épargnants français.

Réaliser  un investissement alliant performance financière et impact positif en matière d’environnement ou de société, c’est le pari ambitieux de la finance utile.

Près de 4 Français sur 5 s’intéressent ou pourraient s’intéresser à des produits d’épargne utile d’après une étude réalisée par Patrimonia, la convention annuelle des  professionnels du patrimoine en partenariat avec la société de gestion Sycomore Asset Management, société de gestion.

Utilité et rendement :
Pour qu’un investissement dans une entreprise soit considéré comme utile, 71% des sondés considèrent qu’il doit avoir des effets positifs en termes d’impact environnemental de l’entreprise. Ils sont  65% à estimer nécessaire que cet investissement bénéficie au développement de l’entreprise, 63% à la société française et 54% à sa relation avec ses fournisseurs.
Enfin, un épargnant sur trois attend qu’un investissement responsable lui permette d’obtenir un rendement de 3 à 6%. Et pour plus d’un Français sur deux, savoir qu’il investit dans la finance utile influencerait ses choix de placements.

Des placements plébiscités encore peu connus :
26% des épargnants ont déjà réalisé des investissements utiles via des produits d’épargne (PEA, LDD, PEE, assurance-vie), 10% via leur banque (banque mutualiste, solidaire…) et 5% en investissant directement dans des entreprises responsables. Ils sont 13% à  affirmer souhaiter le faire, avec un taux qui s’élève à près de 17% chez les Millennials (1).

Seul bémol, la majorité des Français est peu familiarisée avec la notion de finance utile. D’ailleurs, parmi ceux qui n’ont jamais investi dans ce type de produits,  ils sont 32 % à le justifier par leur méconnaissance de la possibilité de choisir des produits d’épargne utile. Une majorité d’investisseurs  souhaite être accompagnés pour investir utile.

Le rôle des labels  :
Pour 29 % des épargnants sondés, les labels peuvent être des gages de confiance, mais ils doivent surtout avoir un rôle pédagogique.
Pour éclairer leur choix, les investisseurs peuvent notamment s’appuyer sur label ISR (2), lancé par Bercy en septembre 2015 et destiné à offrir une meilleure visibilité aux épargnants sur le secteur de l’investissement responsable.

Actuellement, les 119 fonds ISR gèrent 22 milliards d’euros d’encours. La part des produits ISR représente 2% du patrimoine des ménages français. Ce label garantit que les fonds distingués favorisent le développement durable et est attribué à des fonds qui investissent dans des entreprises aux pratiques responsables en matière environnementale, sociétale et de bonne gouvernance.

Il s’agit de fonds qui ont mis en place une méthodologie et des moyens d’analyse et qui prennent en compte les résultats de cette analyse dans la gestion de leur portefeuille.

Ils pratiquent également des mesures d’impacts en fonction des objectifs d’environnement, de politique sociale et de gouvernance qui ont été fixés pour les entreprises qu’ils financent.

(1) Millenials ou génération Y, digital natives : personnes nées entre le début 1980 et le milieu des années 1990. Elles ont la particularité d’être nées et d’avoir été élevées avec le numérique.
(2) www.lelabelisr.fr, chiffres de novembre 2016

CONCILIER SENS ET FINANCE AVEC L’ISR

Posted on October 7, 2016 at 12:29 PM Comments comments (304)

Orienter son épargne vers des produits qui respectent l’environnement, les ressources humaines ou participe à l’économie solidaire :
pourquoi ne pas donner du sens à vos placements en privilégiant l’investissement socialement responsable ?

Derrière le produit financier, son rendement, vous faites peut être partie ce ceux qui veulent savoir à qui votre épargne profite, ce qu’elle finance réellement. 

Comment connaître le parcours de votre argent ? 

Comment s’assurer qu’il est mis à profit de projets auxquels vous adhérez ?

Donner du sens à son placement :

Tournez-vous vers l’« investissement socialement responsable » (ISR), un placement qui vise à concilier performance économique et impact social et environnemental. 

L’ISR finance les entreprises et les entités publiques qui contribuent au développement durable quel que soit leur secteur d’activité. 
En influençant le comportement des acteurs, l’ISR favorise une économie responsable, sans que soient négligés pour autant les objectifs nécessaires en matière de risques et de rentabilité financière. 

Depuis janvier 2016, « ISR » est un label officiel, créé par le Gouvernement, qui permet de guider l’épargnant vers des fonds dont l’utilité sociale a été reconnue.

Un engagement fort :

L’épargne solidaire repose sur un degré d’engagement fort : les activités soutenues ne sont pas cotées en Bourse et sont choisies en fonction de leur utilité effective en matière de lutte contre l’exclusion, de cohésion sociale ou de développement durable. 
L’épargne des particuliers peut ainsi être orientée vers le financement de projets qui n’ont pu accéder aux financements classiques. 
En France, première de la classe européenne, l’ISR est principalement tourné vers le social, tandis qu’en Allemagne il privilégie l’environnement, en Grande Bretagne la gouvernance et aux Etats-Unis les valeurs éthiques.

Produits et rentabilité :

Quant à leur rentabilité, les produits ISR offre une performance comparable aux produits classiques. Ils s’inscrivent dans une logique de long terme et surtout, 
ils permettent d’identifier de nouvelles opportunités de valeurs (marché, services, etc) ignorés par l’analyse financière traditionnelle.

En pratique, l’ISR progresse dans les placements financiers disponibles à la vente : actions et obligations d’entreprises publiques ou privées, emprunts d’État, de collectivités locales, etc. Historiquement proposé par les fonds d’épargne salariale, l’ISR est désormais accessible par tout type de placement. 

Pour y souscrire, tournez vous vers votre conseiller : il vous proposera un investissement ISR à travers les véhicules classiques type assurance-vie, produits de retraite et PEA. 

Des fonds immobiliers socialement responsables se développent également. 
La liste des produits disponibles sur le marché français peut être consultée sur le site de Novethic.

INVESTIR DANS LE VIN

Posted on September 12, 2016 at 4:25 AM Comments comments (3366)
DIVERSIFIER SON PATRIMOINE : INVESTIR DANS LE VIN


Faute de pouvoir s’offrir un vignoble, l’amateur de vin et l’épargnant en quête de rendement peut acquérir des parts de groupements fonciers viticoles ou spéculer sur des grands crus. 
Précautions à prendre pour ce placement atypique. 

Qui n’a pas caressé l’idée de se faire plaisir et de faire fructifier son épargne en investissant dans le vin ?
Si un patrimoine équilibré doit être diversifié, le vin est un placement de niche à envisager avec précaution.

Détenir des parts de vignoble :
Le placement en vin est accessible par l’intermédiaire de groupements fonciers viticoles (GFV). 
A partir de 5 000 euros de ticket d’entrée, même si en moyenne le ticket moyen se situe autour de 20 000 euros, vous pouvez acquérir des parts de GFV. Il s’agit d’une société civile qui achète des vignes, les donne en exploitation par un bail long terme (au moins 18 ans) et gère la commercialisation du vin. 
En contrepartie, vous recevez une part du loyer et parfois un paiement en nature, c’est-à-dire en bouteilles. 
Outre le rabais sur le prix d’achat du vin, le rendement moyen attendu de ce placement est de l’ordre de 2%. 
Surtout, cet investissement se double d’un intérêt fiscal. Pour l’investisseur particulier dont ce n’est pas le métier, les parts de GFV sont exonérées de 75 % de leur valeur jusqu’à 101 897 euros, et de 50 % au-delà. 

Attention toutefois à ce que l’attractivité fiscale de ce produit ne fasse pas faire perdre de vue la question de sa liquidité. Pour s’en assurer, choisissez un promoteur de renommée, ayant pignon sur rue, qui assure un marché secondaire de gré à gré des parts de ces groupements.

Des risques :
Actif tangible, le vin est de ce point de vue épargné par les évolutions des marchés financiers. Mais il n’est pas à l’abri de paramètres incertains comme la météorologie qui impacte le volume et la qualité du produit. Et pour qu’il soit rentable, il doit être envisagé comme un placement long terme, d’au moins cinq ans. Les professionnels du patrimoine préconisent d’ailleurs de ne pas investir plus de 5 % de votre épargne disponible. 
Enfin, en tant que placement atypique, le vin n’est pas soumis aux mêmes règles protectrices que les placements financiers traditionnels.

Dans ses mises en garde annuelles, l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) rappelle que certaines offres cachent de véritables arnaques et invite les épargnants à la vigilance.

Acheter des bouteilles :
Vous pouvez également « spéculer » sur le vin, en misant sur des grands crus, par l’achat et la revente. Nul besoin d’être expert : recourrez aux services de courtiers qui gèrent pour vous l’achat, le stockage et 
la revente de vos flacons. 
Sinon, la plateforme Liv-ex Fine Wine 100 à Londres vous donnera les grandes tendances, et vous permettra d’échanger vos crus et d’en suivre les cours. Si vous atteignez votre objectif de réaliser une plus-value, il vous faudra intégrer le coût fiscal de cette opération. 

Si le montant tiré de la vente est supérieur à 5.000 euros, la plus-value sera imposée à l’impôt sur le revenu au taux forfaitaire de 19 % auquel s’ajoutent les prélèvements sociaux de 14,5 % (soit un total de 34,5%) après abattement de 10 % par année de détention à partir de la troisième année (ce qui conduit à une exonération au bout de 12 ans). 
Vous pouvez également opter pour une taxation forfaitaire de 5% sur le prix de vente. La fiscalité est donc attractive.

Créer une Fondation privée

Posted on August 9, 2016 at 10:26 AM Comments comments (371)
Les fondations nourrissent notre inconscient collectif. 
Les grandes fondations américaines, telles que la Fondation Rockefeller, font partie de notre paysage et illustrent avec éclat la générosité et l’altruisme dont peuvent faire preuve les familles fortunées. 

Cependant, cette image est quelque peu altérée par les différents scandales que de telles institutions peuvent receler. Les fondations peuvent en effet servir de support à des schémas fiscaux controversés.
L’affaire Wildenstein est à cet égard révélatrice.
La transmission de la fortune de Daniel Wildenstein, célèbre collectionneur et marchand de tableaux, a été organisée, en partie, au travers de trusts, des structures opaques basées dans des paradis fiscaux — Guernesey, les îles Caïman et les Bahamas —, dont il est impossible de savoir qui sont les véritables propriétaires. 
Ce schéma, relativement répandu, d’utilisation des fondations à des fins successorales et fiscales, créé un certain malaise et illustre le rôle non négligeable des Etats non coopératifs dans l’évasion fiscale internationale.

Ainsi, si l’élan naturel en faveur des fondations persiste, il n’est pas dépourvu d’une certaine rancœur face aux détournements à des fins privées et fiscales que ces structures peuvent charrier. 
Mais quelles réalités le mot fondation recouvre-t-il ? 

Le terme fondation est un terme largement répandu dans les divers systèmes de droit, bien qu’il ne recouvre pas les mêmes réalités juridiques selon les juridictions. 
Le terme désigne une organisation au sens large, dont le panel va de l’organisation purement contractuelle à l’institution, à but philanthropique, comme l’éducation, la religion, la culture ou d’autres activités au service de l’intérêt général. 
L’un des objets principaux des fondations, à travers le monde, réside ainsi dans le mécénat, entendu au sens large comme la promotion de toute œuvre d’intérêt général : arts et lettres, recherche, éducation, environnement, sport, solidarité, innovation, etc. 
Au cœur du mécénat, se développe de plus en plus le mécénat d’entreprise qui se définit comme un soutien financier, humain ou matériel apporté sans contrepartie directe par une entreprise. 
Le terme de mécénat découle du personnage de Mæcenas, protecteur des arts et des lettres dans la Rome antique. Il s'est progressivement élargi pour désigner dans le langage courant une personne physique ou morale qui soutient par son influence ou par des moyens financiers un projet culturel ou un artiste. 

En droit français, la fondation a fait l’objet d’une définition pour la première fois par la loi 87-571 sur le mécénat du 23 juillet 1987. 
Cette loi dispose que "La fondation est l'acte par lequel une ou plusieurs personnes physiques ou morales décident l'affectation irrévocable de biens, droits ou ressources à la réalisation d'une oeuvre d'intérêt général et à but non lucratif. 
Lorsque l'acte de fondation a pour but la création d'une personne morale, la fondation ne jouit de la capacité juridique qu'à compter de la date d'entrée en vigueur du décret en Conseil d'Etat accordant la reconnaissance d'utilité publique. 
Elle acquiert alors le statut de fondation reconnue d'utilité publique". 
Ainsi, la fondation en France peut résulter d’un simple acte ou bien acquérir la personnalité morale d’une véritable organisation à travers la reconnaissance d’utilité publique. 
Dans les pays de common law, les œuvres philanthropiques sont menées par ce que l’on désigne sous le terme générique de « charity » ou « charitable organization ». 
Il s’agit d’un type particulier d’organisation à but non lucratif, dont les objectifs sont de nature purement philanthropique. 
Le mot fondation est très peu usité au Royaume-Uni et ne revêt aucune signification juridique particulière, tout comme aux Etats-Unis où le statut de fondation n’existe pas en droit fédéral. 
Ainsi, une organisation peut intégrer dans son appellation le mot fondation, sans qu’il s’agisse d’une fondation de nature philanthropique. Si l’histoire du mécénat s’inscrit dans le temps, puisant ses origines dès la Rome Antique, le mécénat à grande échelle est né et s’est développé principalement aux Etats-Unis. 
Les pionniers en la matière sont John D. Rockefeller et Andrew Carnegie. 
Ces deux hommes d’affaires du tournant du XXe siècle ont accumulé des richesses à un stade inédit jusqu’alors et ont décidé, vers la fin de leur vie, de s’en départir au profit de grandes œuvres. Andrew Carnegie a érigé musées et bibliothèques, tandis que Rockefeller a contribué à la fondation de l’Université de Chicago et a créé la Fondation Rockefeller, réunissant près de la moitié de la fortune amassée par ce dernier. 
La Fondation Rockefeller constitue le premier exemple des fondations modernes, des entités s’inscrivant dans le long terme et dont le but est de permettre le financement d’œuvres d’intérêt général, en dehors de tout contrôle gouvernemental et étatique. 
L’utilisation des fondations ne s’est cependant pas arrêtée au philanthropisme purement privé. 

En effet, en 1914, Fredrick Goff, un célèbre banquier, chercha à éliminer les travers du mécénat purement privé et fonda la première « community foundation » à Cleveland. 
Il s’agit d’une fondation prenant la forme d’une société (corporation), capable  d’utiliser des dons privés à des fins d’intérêt général, mais dont le contrôle était dévolu au public, et non pas simplement aux fondateurs. 

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